Depuis les années 1970
Histoire
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Années 1970
En France, les années 70 sont marquées par le développement des logements, du travail, des équipements culturels et sociaux, et par une croissance économique notable. Pourtant, notre société continue de produire des exclus et marginalise progressivement une partie de la population, laissée en marge de ces progrès.
Les transformations sociales fragilisent le rôle traditionnel de la famille, moins en mesure de soutenir ses plus jeunes comme ses plus âgés. Les médias exposent davantage des situations de détresse qui interpellent les citoyens. À Nîmes, comme ailleurs, les seules réponses collectives face à la précarité et à l’exclusion sont essentiellement asilaires. Les congrégations et œuvres caritatives, par l’action de bénévoles, tentent de pallier ces manques. Conscients que ces réponses restent insuffisantes, certains membres de la société civile décident d’apporter de nouvelles solutions. Nîmes, riche de son patrimoine historique et culturel, a toujours su mobiliser associations, fondations et œuvres caritatives pour proposer des alternatives à l’exclusion.
Le Comité postpénal, le juge d’application des peines, le Secours Catholique, la Jeune Chambre Économique, bientôt rejoints par Emmaüs, l’Armée du Salut, l’Entraide Protestante et la Croix Rouge, s’unissent pour créer une association offrant un nouvel accueil aux hommes en situation de précarité.
Ainsi naît L’ESPELIDO, déclarée en préfecture du Gard le 14 janvier 1974.
Les premiers statuts fixent l’objectif suivant :
« … exercer une action sociale en général, à l’égard des hommes indigents et sans emploi, y compris les détenus libérés, visant l’accueil, l’hébergement et le reclassement… »
02
Années 1980 / 1990
En 1982, est créé le Bureau d’Accueil et d’Orientation des Itinérants (BAOI), qui devient en 1993 le Service d’Accueil, d’Orientation et d’Insertion (SAOI).
La domiciliation, l’instruction et le suivi des contrats d’insertion RMI constituent alors une mission spécifique, ciblée sur les personnes sans domicile fixe.
Dans les années 1990, L’ESPELIDO consolide et diversifie son action auprès des personnes en difficulté. Elle inaugure en 1992 l’Appui Social Individualisé, complété en 1994 par l’Accompagnement vers l’Insertion, deux dispositifs illustrant la volonté d’accompagner plus finement les parcours vers l’autonomie.
L’association développe également des chantiers d’insertion : en 1993 autour du travail du cuir, puis en 1995 dans la restauration de meubles, offrant ainsi de nouvelles perspectives de formation et de retour à l’emploi.
Le volet hébergement s’enrichit à partir de 1994 avec l’ouverture d’un Centre d’Hébergement d’Urgence hivernal, suivie en 1996 par la création des Logements d’Extrême Urgence. La même année, sont mis en place l’Accompagnement Social Lié au Logement (ASLL) et la Sous-location avec bail glissant, afin de faciliter l’accès, le retour ou le maintien dans le logement.
Enfin, en 1998, la loi de lutte contre les exclusions conduit L’ESPELIDO à redéfinir ses missions et à modifier ses statuts : on parle désormais de « populations en difficulté », de « reclassement » et de « grande précarité ».
03
Années 2000
Le contexte socio-économique des années 2000 transforme les politiques publiques de lutte contre l’exclusion. En 2001, l’association accueille les premiers demandeurs d’asile. Faute de moyens spécifiques, ces familles sont hébergées dans des appartements du CHRS et bénéficient d’un accompagnement social identique à celui proposé aux autres résidents. Le CADA ouvre officiellement en 2005.
En 2007, le Plan d’Action Renforcé pour l’hébergement et le logement des personnes sans abri (PARSA), mis en place dans le cadre du droit au logement opposable, introduit le principe de continuité dans la prise en charge. Douze places de Stabilisation sont alors ouvertes avec les moyens disponibles sur le Centre Planas, qui ne permettait pas encore une ouverture 24h/24. La loi n° 2008-1249 du 1er décembre 2008 généralise le Revenu de Solidarité Active (RSA). Sa mise en œuvre effective en 2009 entraîne de nouvelles modalités de prise en charge des bénéficiaires.
04
Années 2010
L’association poursuit ses missions, mais rencontre rapidement de fortes contraintes : évolution des politiques publiques, manque de moyens, nouvelles réglementations en matière de gestion, de contrôle et d’évaluation. Ces difficultés affectent la gestion financière et l’organisation globale.
30 juin 2011
Lors de l’Assemblée Générale, l’ensemble du Conseil d’Administration démissionne. Le président explique : « … sur le plan éthique, les politiques publiques proposées cadrent de moins en moins avec les valeurs qui sont les miennes. Elles placent le président et les administrateurs devant des options gestionnaires qui préexistent à toute autre réflexion et action. »
22 septembre 2011
Le 22 septembre 2011, un administrateur provisoire est nommé pour maintenir l’activité et évaluer la pertinence des services de l’association. L’enjeu est double : préserver l’ancrage territorial et les emplois, et relancer une dynamique associative. Malgré les incertitudes, les équipes poursuivent leur mission auprès des personnes en grande précarité avec professionnalisme et engagement.
Octobre 2012
Une mission du ministère des Finances confirme la faisabilité d’un redressement. Confortés par ce rapport, le soutien des collectivités et des partenaires, un nouveau Conseil d’Administration se met en place en octobre 2012.
Une gestion rénovée est instaurée, en collaboration avec l’association La Clède. Une subvention permet d’assainir une partie des finances et de préserver l’autonomie associative sur le territoire gardois. Les chantiers sont fermés pour éliminer les déficits structurels, et la gestion financière retrouve son équilibre.
2017
En 2017, une nouvelle étape est franchie : des projets immobiliers jusque-là différés voient le jour, et de nouveaux partenariats s’ouvrent, notamment avec le SPIP du Gard et de la Lozère. Ensemble, nous développons dès 2018 des places de placement extérieur et des hébergements d’urgence dédiés aux sortants de prison en fin de peine. La même période marque le début de notre intervention auprès des Mineurs Non Accompagnés (MNA), avec une mission d’évaluation confiée par le Conseil Départemental.
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Années 2020
Nous développons notre offre d’intermédiation locative (IML), passant la sous-location à 23 logements y accompagnant des ménages défavorisés orientés par le SIAO, à accéder et à se maintenir dans un logement autonome. Nous ouvrons 25 places d’Hébergement d’Urgence pour Demandeurs d’Asile (HUDA). En février 2022, face à la guerre en Ukraine, la Préfecture du Gard mobilise L’ESPELIDO pour organiser l’accueil et l’accompagnement global des familles déplacées. En 2023, notre CADA atteint 134 places suite à un nouvel arrêté préfectoral. Enfin, en janvier 2024, le Conseil Départemental autorise la création d’un dispositif de mise à l’abri ainsi que d’un service d’évaluation hebdomadaire destiné aux personnes se déclarant mineures et privées de protection familiale.
